Participer à la réalisation du gros oeuvre de votre maison et laisser réaliser par des professionnels le second oeuvre est une solution plus intéressante qu’il n’y parait.
Pour cela, une maison en ossature bois est très séduisante :
- le montage des murs est très rapide,
- vous pouvez aider le charpentier, diminuant ainsi le coût de son intervention,
- les travaux sont moins fatigants que la maison maçonnée, en tout cas, plus courts dans le temps.
Oui mais ... les maisons en ossature bois conventionnelles sont généralement plus onéreuses que les maisons maçonnées et pour des performances guères transcendantes si l’isolant est peu épais.
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maison ossature bois avec isolation en paille.
© Cabinet d’architecture B.archi (Belgique) |
| Au prix de murs plus épais, cet article va vous montrer comment doper les performances d’une maison ossature bois avec un matériau isolant très performant et presque gratuit : la botte de paille !! |
Introduction | Technique recommandée | Atouts | FAQ | Conclusion | Liens | Crédits | Mise en oeuvre
Botte de paille : introduction
La première fois que l’on entend parler de maisons en paille, on se dit de suite qu’il s’agit d’une nouvelle lubie de bobos écolos en mal de différence vis à vis du commun des mortels et venant de participer à un stage de bio-construction avec cantine végétarienne et échange de tabac aux franges de la légalité. S’y ajoutent les réminiscences du conte des trois petits cochons dans lequel la maison en paille se fait balayer dès le premier souffle du loup ...
La simple idée d’utiliser la paille dans la construction d’une maison nécessite donc une phase d’acceptation préalable qui peut être longue (trois ans pour l’auteur de cette page ! ).
Pourtant, les maisons en bottes de paille connaissent une popularité croissante dans le domaine de l’écoconstruction : isolant excellent, impact environnemental très faible, recyclabilité absolue, facilité de mise en œuvre et faible coût se conjuguent pour en faire le chouchou des autoconstructeurs.
Les atouts de la bottes de paille dans la construction
La performance thermique
| Une maison à isolation en bottes de paille, surtout si elle dispose de cloisons lourdes, présente des caractéristiques thermiques excellentes. |
- isolation : la conductivité thermique d’une botte de paille est légèrement en retrait face à celle des fibres minérales ou des isolants synthétiques, mais ceci est amplement compensé par son épaisseur. La résistance thermique d’un mur en botte de paille est excellente (de 5 à 8 m2.K/W alors que selon notre comparatif, 9 maisons neuves sur 10 n’excèdent pas un R=1,5 et que la meilleure valeur de notre comparatif présente un R=2,9).
- amortissement : avec sa forte densité, l’amortissement obtenu est dans le peloton de tête de notre comparatif. La paille permet ainsi d’amortir et de déphaser efficacement les variations de température extérieure en été.
- inertie : bien que dense, un mur composé de botte de paille sans autre matériau de construction présente une capacité calorifique relativement faible, ce qui pénalise quel que peu les notes obtenues en été et demi-saison (bien que déjà au dessus de la moyenne). Pour obtenir des performances excellentes, il est donc recommandé d’utiliser des cloisons lourdes (carreaux de plâtre, brique, terre crue).
La botte de paille n’étant pas un produit industriel, une variabilité notable existe dans ses caractéristiques :
- sa densité peut varier entre 80 et 180 kg/m3 suivant le réglage de la presse et l’humidité ambiante au moment de sa fabrication,
- sa conductivité thermique est sensiblement différente selon que les fibres sont positionnées horizontalement (différence de température le long de la fibre) ou verticalement. Les valeurs de conductivité thermique sont respectivement de
= 0.07 et = 0.045 W/m.K ;
- enfin, sa chaleur spécifique présente des valeurs allant de 0,37 à 0,55 Wh/kg.K selon les sources.
Quoi qu’il en soit, même avec les valeurs les plus pessimistes, les qualités thermiques de la botte sont très intéressantes, et en broyant la paille dans notre moulinette de calcul thermique, nous avons obtenu les valeurs suivantes :
| Performance d’isolation des murs |
confort hiver |
confort 1/2 saison |
confort été |
| Ossature bois + 34 cm balle de paille |
20/20  |
15/20  |
14/20  |
Il est également possible d’utiliser la botte de paille pour l’isolation des combles où du fait de son épaisseur et de ces caractéristiques, elle présente des performances inégalées, au prix il est vrai d’une forte épaisseur.
| Performance d’isolation des combles |
densité |
confort hiver |
confort été |
| 34 cm balle de paille |
110 kg/m3 |
18/20  |
20/20  |
Performance acoustique
A la fois mou et dense, le matériau « botte de paille » a tous les atouts pour offrir une excellente isolation acoustique. Plusieurs studios d’enregistrement aux Etats-Unis sont construits avec de la botte de paille.
Bas coût du matériau
Hors transport, vous devriez pouvoir vous procurer des bottes de paille entre 0,5 et 1,5 €, soit un maximum de 1 à 2 € la botte livrée.
A ce tarif, le m2 d’isolant revient entre 2 et 4 €, c’est à dire entre 5 et 10 fois moins chers que les isolants conventionnels à performance égale.
De plus, l’isolation thermique hors normes de la botte de paille permet de réaliser de fortes économies d’investissement sur le système de chauffage. Un simple poêle à bois ou au gaz, disposé au centre de l’habitation, est en général tout à fait suffisant).
Techniques de construction
Nous allons aborder ici trois techniques, de la moins conseillée, à la plus recommandable (à notre sens). De nombreuses variantes sont possibles.
Technique « Nebraska »
La technique la plus rustique consiste à utiliser les bottes de paille comme gros blocs de construction assurant à la fois le matériau porteur et l’élément isolant. Dans la littérature, vous la retrouvez sous l’appellation « Nebraska » dûe à son origine géographique. Les bottes sont prises en sandwich entre les fondations et la toiture par des tiges filetées. Elles sont directement enduites de chaux à l’extérieur et de terre à l’intérieur.
Ce procédé très simple et très peu coûteux limite également la surface des ouvertures pour garder la stabilité de l’édifice.
Notre avis : Ce procédé nécessite le choix d’un mode de construction aux antipodes des standards de notre société industralisée et ne sera pas plus détaillé ici.
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Technique « Montholier »
La méthode utilisée dans le village de Montholier (Jura), utilise une construction à ossature bois.
A l’instar d’études menées en Autriche, il s’agit d’un projet de recherche démarré en 2003 et chargé d’évaluer les propriétés de la paille (économies d’énergie, confort d’habitation). Il est notamment mené par le ministère de l’Equipement, le conseil régional, le conseil général, l’Ademe, et le Fonds européen de développement régional. Un rapport d’études préliminaire est disponible sur www.econologie.com
Les bottes de paille sont posées avec les fibres horizontales et débordent de l’ossature tant du côté intérieur que du côté extérieur (illustration à droite). Un mortier de chanvre permet de combler les vides entre les bottes.
Pour permettre une bonne évacuation de la vapeur d’eau (impératif pour éviter le pourissement de la paille), l’enduit intérieur doit être légèrement moins perméable à la vapeur d’eau que l’enduit extérieur. Ainsi, l’enduit intérieur est réalisé deux couches en chaux hydraulique tandis que l’enduit extérieur sera réalisé en chaux aérienne. Il est possible de réaliser des décors intérieurs peints ou papiétés en ajoutant un enduit plâtre.
Afin de bien protéger la paille de la pluie, l’enduit extérieur doit être réalisé de manière irréprochable, à savoir en trois couches réalisées avec des sables de granulométrie différentes (de plus en plus fin en allant de la 1ère couche vers la couche de finition), ceci afin de repousser l’eau vers l’extérieur par effet de capillarité.
Notre avis : ce procédé est pénalisé par le coût de réalisation des enduits, la technique de la chaux n’étant maintenant plus maîtrisée que par des experts ou des compagnons. Malgré le faible coût de la paille, la durée d’exécution et le prix de revient des murs finis (si l’on fait tout faire) est comparable à celui d’une maison à briques à alvéoles. Cela va donc à l’opposé du but recherché.
Par ailleurs, les enduits appliqués directement sur les bottes demeurent fragiles et supportent mal les impacts.
Enfin, la mise en oeuvre des bottes avec les fibres posées horizontalement nécessite de les recouper à la scie circulaire dans leur largeur (pour ramener l’épaisseur du mur à 35 40 cm), tandis que leur performance thermique est en retrait par rapport aux fibres mises verticalement.
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Technique « Autrichienne »
Le gouvernement Autrichien s’est penché sur la technique de contruction paille bien avant les autorités françaises.
Un rapport extrêmement détaillé, sous l’égide des Bundesministeriums für Verkehr Innovation und Technologie et Österreichisches Institut für Baubiologie und ökologie figure sur www.baubiologie.at (ce texte est cependant réservé aux lecteurs maîtrisant la langue de Göthe).
De nombreuses variantes de construction ont été testées de manière approfondie mais celle qui se démarque utilise des panneaux pour le décor tant du côté intérieur (plaque de plâtre) que du côté extérieur (panneau pare-pluie de fibres de bois).
La photo ci-dessus montre, dans sa phase de construction, la maison illustrée en haut de cette page.
Notre avis :
Cette technique « Autrichienne » possède selon nous une longueur d’avance. Le montage se fait à sec, et l’on retrouve des temps d’exécution réduits comme pour les maisons ossature bois classiques. Vous pouvez facilement vous réserver les travaux de la pose du pare-pluie (monté sur l’ossature à l’aide de simples agrafes) et bien sûr des bottes de paille, de préférence après la pose du pare-pluie. Aucune expertise n’est nécessaire pour ces réalisations et le montage est bien plus rapide.
Attention cependant à conserver un décor extérieur perméable à la vapeur d’eau tel un crépi à la chaux, enduit respirant ou bien un bardage bois.
Les informations détaillées de cette technique sont données dans notre page suivante.
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